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Shopping à New York
Guide pratique «Just do it»

Côté fringues, fashion-victims à vos marques!, Prêtes?, Achetez!

yBien que le billet vert se soit envolé, il y a encore de bonnes affaires à réaliser à Manhattan à condition de savoir où. Pour une juste prise de température des prix, faites d’abord un saut chez «Century 21 Department Store» quasiment au pied de feue l’une des tours du World Trade Center. Vous pouvez y aller en métro (Broadway Line N et R ou 8th Avenue Line A, C et R), en bus (sur Broadway, le M6 ou sur la cinquième, le M1) ou en taxi, la plupart des chauffeurs connaissent l’adresse: 22 Cortland Street entre Church et Broadway.

Là, dans un capharnaüm volontaire où tout est soldé avec des rabais de 30 à 70%, la foule s’arrache des chemisiers Missoni, des cravates Dior, des t-shirts DKNY et les créations minimalistes d’Helmut Lang. Giorgio Armani et Ralph Lauren se frottent les mains, les invendus de leurs dernières collections partent comme des petits pains.

Chez «Century 21», on n’aime guère voir un journaliste faire des photos (Renee Fairman, l’attachée de presse,a ainsi enlevé des présentoirs tous les panneaux indiquant le nom du designer) et poser des questions concernant la provenance de la marchandise. Solde des soldes? Fabrication prévue pour? Remise de quantité importante en raison des commandes énormes? Marge de bénéfice moindre? Allez savoir. Mais quoi qu’il en soit, un tour dans ce magasin (n’oubliez pas le sous-sol pour le linge de maison) vaut le détour. Comme tout le monde ou presque, vous remplirez l’un des paniers de supermarché mis à disposition de la clientèle. Sachez encore qu’il n’y a pas de cabines d’essayage pour les hommes, celles-ci sont réservées aux femmes... et à partager dans la bonne humeur de la fièvre acheteuse.

Puisque vous êtes dans le quartier, remontez à pied Broadway (10 à 15 minutes) jusqu’à Canal Street, la rue commerçante de Chinatown. «Pearl River» est plein de gadgets et de babioles kitsch, jetez-y un coup d’oeil pour un sourire. Pour éviter la grimace du douanier suisse lors de votre retour, ne craquez pas pour un faux sac Vuitton (100 $ environ) ou une copie de montre Cartier ou Rolex. La toute dernière Oméga vaut 85 $. C’est totalement illégal mais les affaires sont telles que les Chinois ne concèdent qu’un rabais de 5%. Et encore! Le marchandage doit être mené d’une manière pointue.

Si vous aimez «Gap», «Banana Republic», «Old Navy» sans oublier «Eddie Bauer», il est inutile de parcourir tout Manhattan. Tous les trois à quatre cents mètres, ces enseignes balisent littéralement toute l’île. Naomi Klein dans son livre «NO LOGO La tyrannie des marques» analyse le phénomène et constate:«En dépit d’un cannibalisme certain, la prolifération engendre une augmentation du chiffre d’affaires».

xxTout bon touriste acheteur à New York se rend aussi chez Macy’s qui s’adjuge le titre du plus grand magasin du monde L’appellation est issue du service de publicité de la maison, personne n’a jamais vraiment vérifié mais qu’importe. Macy’s Herald Square s’étend de Broadway à la 7ème avenue et de la 34ème à la 35ème rue. La superficie au sol de 632 070 m2 se multiplie sur 11 étages. Rowland Macy, capitaine de navire marchand, fonda en 1857 ce temple de la consommation. A l’origine, il n’y avait qu’une échoppe sur le 14ème rue mais les affaires seront prospères et le bâtiment d’Herald Square ouvrira ses portes en 1892. La façade la 34ème rue possède toujours ses cariatides historiques gardant l’entrée franchie par plus de 80 000 personnes par jour, ce chiffre est doublé les jours précédant Noël. Au rayon de l’anecdote, Macy’s est le deuxième consommateur d’hélium aux Etats-Unis juste derrière l’armée. Le grand magasin utilise ce gaz pour gonfler les milliers de ballons distribués gratuitement lors des parades du Thanksgiving et de Noël.

Un autre incontournable du shopping new yorkais est Bloomingdale’s (59ème rue et 3ème avenue) fondé en 1872 par Lyman et Joseph Bloomingdale. Au départ, ce fut un «five and ten», entendez par là une sorte d’Uniprix très bon marché. Le boom des sixties jusqu’à la fin des années quatre-vingts dorées à l’extrême engendra la sophistication et le plus «up to date». Bloomingdale’s servit même de magasin test pour les fabricants. La chemise sera-t-elle lilas, rose ou mauve? A la fin de la journée, on faisait le décompte des piles de liquettes vendues... et la province (ou Century 21) suivra la saison prochaine. Aujourd’hui, après une sérieuse menace de faillite et une situation redressée in extremis, Bloomingdale’s tente encore de se distinguer de ses concurrents avec sa marque exclusive Metropolitan View inspirée des stylistes européens. Cet endroit se veut aussi au rez-de-chaussée un lieu de drague tous genres confondus. «Je t’offre un parfum. Merci pour la cravate. On se fait une bouffe dans le Village?.». Les bras chargés de «Big Brown Bag» à l’enseigne de cette maison, la suite vous appartient.

Si vous avez besoin d’une valise supplémentaire pour ramener vos achats ayant déjà fait trois fois le tour de la planète, le label «Made in USA» est plutôt rare dans la couture aux Etats-Unis, certains magasins sur Lexington et la 5ème «discountent» Samsonite et American Tourister.

Le shopping à Manhattan est une aventure excitante mais qui vous laissera sur les genoux. Pour retrouver un rien de vigueur, faites le plein de vitamines et de compléments alimentaires comme la mélatonine permettant de lutter contre le décalage horaire et la DHEA anti-âge. Cela coûte le tiers du prix par rapport à l’Europe. La chaîne «The Vitamin Shoppe» est avantageuse.

A New York, on peut réaliser d’excellentes affaires en dépit du cours du dollar. Mais n’oubliez pas tout de même, selon «How to save 500 dollars in 30 days», que le tiers des achats est impulsif et finit au fond de l’armoire sans aucune utilisation.

Olivier Philippe

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