

Jouez les détectives à Meiringen dans l'Oberland bernois en compagnie de Sherlock Holmes!
Le mystère de la meringue
De la Grande Canarie à la Cour de Louis XV en passant par Gruyère et Meiringen, chacun se vante d’avoir inventé la meringue.Enquête avec Andreas Frutiger, l’un des plus gros producteurs de Suisse.
Louis XV raffolait des meringues, il les appelait «baiser». Pour Elisabeth I, la gourmandise devint très littéralement «kiss» en Angleterre; en Allemagne du Nord, les nobles la désignèrent par l’expression «vent espagnol»... et les habitants de Meiringen par Meringue que l’on prononce «méringue».
«Il paraît que l’on aurait retrouvé dans les archives du Musée des Arts Culinaires à Frankfort que cette délicatesse riche en calories aurait été créée par un pâtissier italien nommé Gasparini à Meiringen vers 1600, dit Andreas Frutiger. Mais ce fait n’est pas prouvé, tous les documents écrits furent détruits pendant la Seconde Guerre Mondiale et sans oublier que toutes les archives de Meiringen furent la proie des flammes au cours des siècles passés.»
Le mystère demeure donc mais une chose est certaine. C’est dans ce village de l’Oberland bernois que fut produite, il y a cinq ans, la plus grosse meringue du monde composée de 2000 blancs d’oeuf et 120 kg de sucre. Elle mesurait 2 m 50 de long sur 1 m 50 de large avec une hauteur de 70 cm. Elle fut cuite dans un sauna pendant deux semaines.
Secret de fabrication
Depuis vingt-cinq ans, Andreas Frutiger fabrique 8000 à 10 000 meringues par jour dans sa pâtisserie de Meiringen selon la recette classique. «Je mélange 2 kg de sucre raffiné selon un procédé utilisé dans le Sud de l’Allemagne pour un croustillant... moelleux avec 1 litre de blancs d’oeuf. Ceux-ci viennent d’une centrale d’alimentation de Lucerne qui revend les jaunes aux fabricants de mayonnaise. La cuisson prend cinq à six heures selon la taille avec une température comprise entre 100 et 120 degrés.»
Andreas Frutiger est aussi l’inventeur de la meringue au chocolat, une création unique au monde dont il garde jalousement le secret de fabrication. «Le beurre de cacao et le blanc d’oeuf sont à priori incompatibles. J’ai trouvé la solution pour les allier.» Laquelle? Le pâtissier de Meiringen sourit et ne répond rien. L’Ecole professionnelle de Lucerne lui a demandé de donner un cours à ce sujet, les confiseurs et le service de marketing de Lindt & Sprüngli désiraient être présents lors de ce séminaire et Andreas Frutiger déclina l’invitation.
Cyr (Lausanne Cités)
On ne vit que deux fois
En 1891, Conan Doyle en avait vraiment marre de son héros Sherlock Holmes et décida de l’achever à Meiringen. Vertige des chutes du Reichenbachfall.
Au début de l’année 1891, Conan Doyle déclarait dans une interview: «Je frise l’overdose avec Holmes. J’ai envie de créer un personnage nouveau plus sérieux qui s’appellera le Brigadier Gerard.»
Vite dit et vite fait. Le détective et Watson passèrent ainsi la nuit du 3 au 4 novembre 1891 au Park Hotel du Sauvage (surnommé «Hôtel des Anglais» dans le roman). Au matin, Holmes avait disparu. Quelques indices conduisirent Watson au bord du Reichenbachfall. «En vérité, l’endroit est terrifiant. Le torrent, gonflé, par la fonte des neiges, se précipite dans un gouffre d’où l’écume rejaillit en tourbillonnant comme la fumée d’une maison en feu. (...) Nous restâmes un bon moment devant le précipice, fascinés par l’éclat de l’eau qui venait se briser contre les rochers noirs et par le cri presque humain qui accompagnait le rejaillissement de l’écume contre le gouffre.» écrit-il dans «Le dernier problème». En ces lieux, le professeur Moriarty mit fin à Holmes.
Doyle posa sa plume et se dit: «Bon débarras!» Pas sûr. Des dizaines de milliers de lecteurs protestèrent et l’écrivain dut ressusciter son héros sauvé in extremis par quelques broussailles auxquelles il put se raccrocher pour de nouvelles aventures.
Conan Doyle et Sherlock Holmes moururent définitivement le 7 juillet 1930 dans le Sussex.
Cyr (Lausanne Cités)
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