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 Vienne en musique
68 adresses différentes pour Beethoven
Sur les pas de Ludwig

buste de BeethovenSon ouïe déclinant rapidement, Beethoven jouait du piano de plus en plus fort. Les voisins importunés obligèrent le compositeur à déménager soixante-huit fois en trente-cinq ans. Errance… et découverte de la Maison du Testament de Heiligenstadt.

.Ludwig, né à Bonn le 16 décembre 1770, est âgé dix-sept ans lorsqu’il vient pour la première fois à Vienne afin d’y poursuivre ses études auprès de Mozart. Il y restera à peine quinze jours, la mort subite de sa mère le rappelant en Allemagne. Cinq ans plus tard, Beethoven revient cependant dans la capitale des Habsbourg pour y rester cette fois-ci jusqu’à la fin de ses jours.

En automne 1802, alors que la surdité croissante commence déjà à exercer une influence négative sur sa vie, Beethoven sombre dans une profonde dépression. Il occupe deux pièces au numéro 6 de la Probusgasse à Heiligenstadt, un faubourg qui se trouve aujourd’hui dans le 19ème arrondissement de Vienne.


La maison de HeiligenstadtCertes, c’est hors des sentiers battus du tourisme de masse de la capitale autrichienne mais les transports publics permettent à chacun de s’y rendre facilement (U2 direction Shottenring puis U4 direction Heiligenstadt et bus 38A) en 30 minutes. Ne vous attendez pas à découvrir un lieu extraordinaire ! Tout se vivra ici dans l’émotion.


A midi, la cloche de l’église sonne. De sa fenêtre, Ludwig suit des yeux. Il n’entend plus que sa musique intérieure aux acouphènes fréquents et insupportables. Il écrit une lettre non envoyée à son frère que la postérité conservera sous le nom du « Testament de Heiligenstadt ». « O vous tous qui me trouvez mauvais caractère, qui m’accusez d’être agressif ou misanthrope, vous êtes injustes envers moi. Vous ne savez pas la raison secrète de mon attitude (…) Je suis sourd. (…) Comment être capable d’alléguer pour excuse la faiblesse d’un organe qui devrait être plus parfait chez moi que chez quiconque, d’un organe que j’ai eu d’une perfection absolue, (…). Peu s’en est fallu que je ne mette fin à mes jours. Il n’y a eu que l’art, lui seul, pour me retenir, ma foi, il me paraissait bien impossible de quitter ce monde avant d’avoir produit tout ce que j’avais dans l’idée, et c’est pour cela que j’ai poursuivi ma pitoyable existence. (…) ».


Beethoven jouait trop fort du piano

 

« Pathétique », « Héroïque » ou « Hymne à la joie », la musique de Ludwig témoignant de l’homme en marche sur les chemins de la liberté emplit soudainement ce logement modeste.
Beethoven résida également à Heiligenstadt dans la Heurige Franz Mayer (Pfarrplatz 2). Une ginguette pour déguster, dès le 11 novembre, le vin de l’année et quelques victuailles maison, bien connue des Viennois.
Cœur en fête, malgré tout.

 

Claude-Yves Reymond Wellness Santé Magazine 2006

Autres lieux consacrés au souvenir de Beethoven

  • - Maison Pasqualati, 1, Mölkerbastei 8
    - Maison de l’Héroïque, 19, Döblinger Hauptstrasse 92
    - Tombeau : 18, Schubertpark
    - Mausolée : Cimetière Central
    - Haus der Musik, Seilerstätte 30

Pour manger
Le restaurant« Zum Schwarzen Kameel » (Bognerstrasse 9) est renommé. Sa proposition lunch (3 plats) à tendance gourmet fait-elle fureur pour 27 euros ? Assurément, bon, mais temps d’attente trop long.

 

Découverte
Du vin et de l’eau
A l’est de Vienne en direction de la Hongrie et de la Slovaquie s’étend, à perte de vue, le Burgenland, encore peu connu hors des frontières autrichiennes.


Territoire hongrois jusqu’en 1921, le Burgenland connut après la guerre l’occupation soviétique et ce n’est qu’en 1955 qu’il retrouva l’Autriche. Curieusement, plus de 20 000 personnes parlent également le croate et certaines écoles sont bilingues.

En raison d’un manque local de places de travail, une part importante de la population a dû quitter la région… ou pendule chaque jour en direction de Vienne.
Pour faire face à cette migration, le Burgenland vise aujourd’hui le tourisme en promouvant sa nature intacte et idyllique, protégée par la recherche et la production de nouvelles formes d’énergie non polluantes.


Reinhard PfefferImaginez donc un paysage plat alternant des forêts giboyeuses (le roi d’Espagne Juan Carlos adore) et des champs de céréales bio où chaque élévation de terrain, aussi minuscule soit-elle, devient vignoble.

A Eisenberg, Reinhard Pfeffer possède l’un des plus petits domaines : « Juste un hectare pour 6000 litres de vin. Je vise avant tout la qualité de mon Blaufränkisch. L’ensoleillement est ici au maximum, les nuits sont fraîches, le sol est pierreux. Bref : des conditions idéales. »Titrant plus de 13 degrés, ce cru local long en bouche a véritablement du corps. A qualifier de charnu.


Stegersbach

Le Burgenland est également fort bien pourvu en eaux thermales aux vertus dermatologiques et antirhumatismales jaillissant à plus de 42 degrés. Depuis une quinzaine d’années, Stegersbach est ainsi une station renommée proposant des cures de remise en forme. Ce village est aussi l’un des paradis des golfeurs.