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"Nous irons à Paris", un film pour le souvenir de Philippe Lemaire et des chansons éternelles.

«Tout va très bien, Madame la Marquise!»


Les chansons de Nous irons à Paris sont gravées dans l’oreille populaire. Philippe Lemaire, en tête d’affiche de ce petit chef-d’oeuvre du cinéma français, se souvient de l’été 1948.

«J’avais vingt-deux ans. Je voulais devenir officier de marine. Mes parents sont décédés quand j’étais enfant et, pour payer mes études, j’avais débarqué par hasard dans le cinéma en 44. J’en suis tombé amoureux.»

Figuration et tête d’affiche
 En 1948, Philippe Lemaire tourne notamment Les amants de Vérone d’André Cayatte. Le coeur des Juliette de France et de Navarre commence de battre la chamade devant ce Roméo. Peu après, le comédien sillonne les routes de province dans une tournée théâtrale. Le téléphone sonne un jour, une voix tonitrue: «Ray Ventura et Jean Boyer veulent te rencontrer pour une audition.» Ce sera le bonheur des deux mois de tournage avec Nous irons à Paris qui propulsera le jeune premier d’alors en tête de tous les classements publiés par Cinémonde pendant dix ans. «Le succès fut phénoménal. Les salles de cinéma maintinrent le film plus de dix-sept semaines alors qu’elles changeaient d’habitude leur programmation tous les trois jours.» L’artiste se souvient aussi de son cachet : l’équivalent de 7500 francs français, même pas de quoi s’acheter une voiture.Philippe Lemaire tourne avec les plus grands metteurs-en scène et les autres. Soudain, la Nouvelle Vague déferle et le range au placard.

Le bonheur fait des étincelles
La chevelure du comédien a viré du blond au blanc mais ses yeux bleus et son sourire magnétique continuent d’embraser le public. Un boute-en train inné, registre dramatique inclus dans les non-dits des aléas de la vie.

Alors offrez-vous un moment de bonheur. Une série B, c’est si bon.
«Cette émission vous est offerte par la gaine Lotus, celle qui vous écrase le plexus.» Cette contre-publicité est proposée gracieusement par trois jeunes gens renvoyés de la radiodiffusion française et qui se sont établis à la campagne pour fonder une station clandestine. Leur radio fait un tabac: Ray Ventura, Henri Salvador et Martine Carol dans son propre rôle y sableront le champagne.
Quasiment soixane ans plus tard, cette série B se tient à distance du rase-pâquerettes. Ses chansons sont gravées dans la mémoire populaire. «Allô, allô James, quelles nouvelles?»

L’écurie a brûlé et la jument grise a péri dans l’incendie mais la bonne humeur excelle dans ce film disponible en DVD.

cyr pour coopération