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Chinatown à Paris Le pari du Paris asiatique
Commencez votre visite du quartier chinois par ce lieu - à moins que vous ne préfériez «Paris-Store», la chaîne concurrente - pour en saisir la caractéristique essentielle: l’intense activité d’une fourmilière fonctionnant sans répit 7 jours sur 7. Puis, découvrez les galeries marchandes de la cité des Olympiades: tout y est à prix cassés. Il paraît que le salaire payé pour la confection d’une chemise dans les ateliers clandestins a passé de 6 euros à 5 euros. Les échoppes de fast food se sont même mises au rythme de l’ultra-rapide pour les travailleurs pressés de retourner au boulot pour vivre et survivre. Un temple bouddhiste se niche sous la dalle des Olympiades, l’accès y est libre mais la sérénité est requise.
Du révolutionnaire Auguste Blanqui à Chou En-Lai qui séjourna dans le quartier de 1922 à 1924, cet endroit fut depuis toujours une terre d’asile. Entre 1975 et 1982, un peu plus de 110 000 réfugiés asiatiques débarquèrent dans l’hexagone, quelque 6000 s’établirent ici. A savoir aussi que 140 000 Chinois avaient été recrutés dans leur pays en 1914 par les pouvoirs publics français pour venir travailler dans les usines d’armement; ils ne regagnèrent pas tous leur patrie à la fin des hostilités. Lors de votre visite du XIIIème arrondissement, ne vous attendez pas à y trouver un ghetto façon Chinatown de San Francisco avec des cabines téléphoniques en forme de pagode. L’architecture est des plus variées avec des îlots d’anciens logements ouvriers, des immeubles bourgeois inspirés d’Haussmann le long de la rue de Tolbiac et les tours de béton de la place de la Vénétie et de la Cité des Olympiades. Terminés au début des années 70, ces gratte-ciel de 32 étages furent boudés par les Parisiens en raison de leur hauteur inhabituelle dans la capitale et du coût élevé des appartements. En quête d’un logement vacant, les Asiatiques s’y installèrent en s’endettant suivant le système de la tontine, une forme de crédit consistant à aider un parent ou un ami dans un but coopératif et non lucratif. La petite histoire destinée aux touristes ne parle pas du rôle joué par la mafia jaune.Curieusement, il n’y eut pas de réels problèmes entre les habitants de ce fief du communisme et les arrivants... fuyant le communisme.
Jetez aussi un coup d’oeil sur le lycée Claude Monet Les élèves asiatiques obtiennent d’excellentes notes, les Maghrébins ont plus de peine. Certains affrontements sous forme de racket témoignent d’un racisme latent. Du côté des restaurants, la presse parisienne analysant le phénomène a titré : «Le riz cantonnais gagne sur le couscous» ou encore «Hong-Kong grignote Tunis». Au terme de votre balade de deux à trois heures heures, vous arriverez à la Place d’Italie. «Le Grand Ecran», la plus grande salle de projection de Paris, est en bordure sur votre gauche. Les habitants du quartier apprécient cette architecture nippone due à Kenzo Tange. Les panneaux de verre reflètent la lumière, les bras métalliques du campanile accolé au bâtiment central.ressemblent à un gibet. Il n’y a pas qu’un seul quartier asiatique à Paris.A l’étroit dans le XIIIème, quelque 10 000 Chinois ont déjà filé vers Belleville, domaine de l’Afrique noire déboussolée par tant d’ardeur au travail. Claude Reymond pour Silhouette
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