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FETES ET TRADITIONS
"Ia Orana", "Maeva" et "Manava"...
Par ces trois mots de bienvenue, les Polynésiens accueillent leurs visiteurs.
Cette hospitalité légendaire se retrouve symboliquement, dès l’arrivée, par des chants accompagnés à la guitare et au « ukulele », et le cadeau d’une « tiare », la fleur emblème de Tahiti et ses îles au parfum si subtil. Les voyageurs ou amis attendus sont couronnés de colliers de fleurs multicolores en signe de bienvenue ou pour témoigner de la joie des retrouvailles.
Dès son arrivée, le visiteur n’a plus qu’à accepter de recevoir et se laisser conquérir par tant de convivialité. Un seul mot clé à utiliser: mauruuru ! (Merci !).
Musique et danse avant toute chose…
La musique et la danse font partie de l’essence même de la vie sociale en Polynésie : les « himene », des chants traditionnels a capella dont l’origine remonte à la nuit des temps, accompagnent toutes les cérémonies religieuses et souvent les fêtes profanes. On n’est jamais en peine de trouver des musiciens, des chanteurs et des danseurs pour animer des réjouissances, ou un « tama’ara’a » entre amis: il y en a à coup sûr parmi les convives, une guitare, un « ukulele » …
Dès leur plus jeune âge, les petites filles connaissent l’art de faire onduler leurs corps et les garçons, celui du « paoti » la figure réservée aux danseurs, talons joints et mouvements rapides des genoux ; de jolis ballets d’enfants remportent très souvent des prix et le « Heiva I Tahiti », fête traditionnelle qui se déroule tous les ans en juillet est certainement une belle occasion de montrer leurs talents.
Le Heiva I Tahiti
Le « Tiurai » est la transformation polynésienne de July - et son origine se réfère à une date française: le 14 juillet, la fête des fêtes, avec défilés traditionnels et feu d’artifice, désignée officiellement par le « Heiva I Tahiti », festival qui dure près de deux semaines, avec tout ce que la Polynésie peut offrir de plus chatoyant et de plus gai.
Les « vahine » et les « tane » s’y préparent tout au long de l’année en vue des spectacles et des concours. Les nombreuses troupes de danse seront jugées sur la qualité des chorégraphies présentées: le «aparima» calme et mélodieux, aux gestes gracieux des bras et des mains, accompagné de chants, précédé en général de «otea» au rythme rapide des tambours et des «toere» aux sonorités claires, presque métalliques, et le légendaire «tamure» où chacun des mouvements du corps, chaque regard font partie d’un code de séduction entre la danseuse et son partenaire.
Le jury examine les performances de l’orchestre, avec ses percussions savantes et ses musiques aux rythmes lancinants que les danseurs suivent avec une extrême précision – enfin les costumes sont une fête de couleurs et d’harmonies- ils n’ont pas subi de véritable révolution mais ils évoluent dans les détails: le « moré » - jupe faite de longues fibres végétales- et le paréo restent les éléments classiques auxquels s’ajoutent des ornements de nacre, de perles pour les plus précieux, de noix de coco polies, de tapa et divers coquillages, le tout avec couronnes de feuillages, de fleurs de tiaré ou de frangipanier.
On assiste aussi aux « marches sur le feu », où de courageux adeptes parcourent un chemin de plusieurs mètres sur des braises incandescentes- tandis que d’autres s’affrontent dans des compétitions d’athlétisme: course, lancer de javelot, épreuves de force avec lever de pierres pesant plus de cent kilos, course de porteurs de régimes de bananes, le tout dans une ambiance bon enfant et au milieu de rires et de vivats .
L’Artisanat
La dextérité manuelle des artisans est extrêmement féconde et se vérifie dans les multiples expositions des archipels organisées tout au long de l'année. L'art du tressage produit des merveilles dans les modèles de chapeaux, sacs, paniers et nattes. Les femmes des Australes sont passées maîtres dans cette discipline utilisant les fibres végétales du pandanus, du cocotier ou du roseau « aeho ».
Le goût de l'observation et l'amour de la nature se retrouvent dans les somptueux « tifaifai », couvre-lits aux motifs végétaux ou ethniques cousus à la main. L'engouement des femmes pour cet élément de décoration typique des « fare » polynésiens témoignant d'une réelle créativité, a suscité l'organisation d'une exposition annuelle du « tifaifai », un vrai festival des formes et des couleurs. L'expression artistique se réalise aussi dans le travail du bois, l'apanage des hommes. Pour cela on sculpte selon l'inspiration d'après des motifs ancestraux, graphiques et symboliques, dans des bois précieux, « tou » ou palissandre local, « miro » ou bois de rose. Les Marquisiens excellent dans ce domaine en produisant de superbes pièces, lances, casse-têtes et « umete », fruitier pouvant servir de grand plat. On recourt aussi aux pierres volcaniques, aux coraux, et même aux os pour façonner mille objets décoratifs ou utilitaires comme le « penu », pilon.
Enfin, le renouveau de la nacre perlière met en pleine lumière les nuances irisées des nacres polies. Leurs teintes changeantes et fascinantes en ont fait un élément de décoration de choix pour magnifier les costumes de danses, ou pour en faire des bijoux chatoyants.
Piroguiers dans l’âme
L'usage de la pirogue est profondément ancré dans la tradition polynésienne. Ainsi, il n'est pas un lagon de Tahiti et ses îles où l'on n'aperçoive une pirogue flotter à l'horizon. Les habitants l'utilisent pour se déplacer, pêcher, se promener.
La pirogue est omniprésente en Polynésie et la construction donnait lieu à des cérémonies spirituelles dans la Polynésie ancestrale. Les modèles à voiles servaient aux voyages, les doubles coques à la guerre et à la pêche en haute mer les modèles à balanciers pour la pêche côtière et comme moyen de transport. Les premières compétitions de pirogues dateraient des années 1850 organisées lors de fêtes locales (célébration de la Reine Pomare ou de l’Empereur Napoléon…)
Aujourd’hui la pirogue sportive est pratiquée en équipe et donne lieu à des courses très populaires où clubs et îles défendent leurs couleurs. La compétition de Va’a a retrouvé une place prépondérante dans la société polynésienne notamment avec la course « Hawaiki Nui Va’a », en octobre, qui accueille plus de 100 pirogues et 400 rameurs pour relier les Iles sous-le-vent (Huahine-Raiatea-Tahaa-Bora Bora).
Le Monoï
Au cœur de la tradition polynésienne, le « Monoï » (huile parfumée en reo maohi) se retrouve dans de nombreux rituels de soin du corps et de l'âme. Produit cosmétique, produit de massage, il est également utilisé au cours de rituels religieux.
Aujourd'hui il inspire des formules actives et sensorielles, des produits dédiés à la beauté et au bien-être.
« Le Monoï de Tahiti » est obtenu par la macération de fleurs de « Tiare » dans l’huile de Coprah raffinée, extraite de noix de coco récoltées en Polynésie au stade de noix mûres, sur des sols d’origine corallienne. Cet art vieux de plus de 2000 ans a été perfectionné à des fins cosmétiques et pharmacologiques.

Organisée à l’initiative de l’Institut du Monoï, la Semaine du Monoï vise à représenter toute la richesse culturelle de ce produit culte, à créer un espace de rencontres entre tradition et modernité, une semaine d'échanges et de découvertes où producteurs et utilisateurs se retrouvent autour du « monoï ». Cette semaine intitulée « Monoï Here » - en français, nous dirions, monoï chéri, monoï mon amour, qui aura lieu en novembre 2008, est une façon de traduire toute l'affection que les Polynésiens ont pour le Monoï, un produit qui les accompagne dans de multiples aspects de leur vie quotidienne.
Renseignements : www.monoi-institut.org
Tatouage : un art ancestral
S’il fait partie des arts anciens polynésiens et mélanésiens, il connaît aujourd’hui auprès des jeunes une vogue grandissante.
Ses origines se perdent dans la nuit des temps: le mot lui même vient du tahitien « tata’u » qui signifie taper légèrement évoquant la technique qui permettait de faire entrer l’encre sous l'épiderme en utilisant des sortes de peignes faits d’os, de nacre ou d’écaille de tortue, garnis de pointes acérées ou de stylets en bambou taillé. Le tatouage était pratiqué dès la puberté, marquant les différentes étapes de la croissance chez les filles et les garçons et accompagnait les rites d’initiation. Il avait un rôle social, et indiquait un rang élevé, révélait une preuve de courage et de force, en même temps il contenait toute une symbolique qui attribuait au tatoué des vertus protectrices et inspirait le respect. Les tatouages se faisaient par étapes successives, à chacune des prouesses et des victoires. Ainsi, certains guerriers étaient tatoués entièrement, visage compris et cet art a certainement frappé les esprits des premiers navigateurs européens qui abordèrent les archipels polynésiens et nous ont livré récits et croquis...
Les motifs picturaux traditionnels reproduisent certains « tiki », auxquels s’ajoutent les éléments de l’univers: soleil, lune, étoiles, des figures humaines et des dessins géométriques, des courbes, des spirales ou encore des animaux : la tortue, le requin, le lézard, que l’on retrouve dans la décoration des « tapa » marquisiens.
Justement, ce sont les Marquises qui fournissent les plus habiles tatoueurs, c’est là que l’on situe l’une des origines de cette pratique mais il en existe plusieurs, très réputés à Moorea, Bora Bora et bien sûr, Tahiti, qui ont adopté les mêmes instruments électriques sophistiqués utilisés par leurs homologues de par le monde.
Le Four Tahitien
Ne le cherchez pas dans une cuisine mais plutôt au fond du jardin ou sur le rivage d’un motu, c’est tout simplement un grand trou, creusé dans la terre à l’occasion d’un « tama’ara’a », le repas de fête tahitien qui réunit une bonne trentaine d’invités- au moins - Très tôt le matin, on y met au fond suffisamment de branchages qui vont brûler de longues heures et chauffer des galets de rivière. Le four est prêt lorsque le bois s’est consumé : les pierres sont alors à une température élevée et on peut alors mettre à cuire sur des grilles faites de bois vert, les mets préparés qui vont composer le festin : les légumes exotiques tranchés et empaquetés dans des feuilles de bananier : le taro, gros tubercules un peu farineux, le « uru », le fruit de l’arbre à pain, les « fei », de grosses bananes rouges peu sucrées- tout à coté, les poulets avec le « fafa » : c’est un délicieux ragoût de feuilles de taro cuites dans du lait de coco, puis le petit cochon de lait avec ses aromates, emmailloté aussi dans de larges feuilles de bananier. Il y a également le dessert traditionnel : le « po’e », que l’on a préparé à l'avance avec de l’amidon, du lait de coco et de la banane ou de la papaye écrasée…
On recouvre le tout d’une toile de jute humide puis d’une bonne couche de sable, ce qui permet une cuisson à l’étouffée pendant au moins trois heures, laissant à tous les ingrédients leurs arômes et aux viandes particulièrement, un goût et un moelleux incomparables.
Les convives assistent à l’ouverture du four, c’est la tradition ! En entrée, la salade de poisson cru – généralement du thon ou d’autres poissons comme la dorade, marinés au citron vert puis arrosés de lait de coco, rallie tous les suffrages. Les demandeurs de sensations gustatives très spéciales essaieront le « fafaru »- autre mode de préparation du poisson cru qui aura mariné dans du jus fermenté – voire plus- de chevrettes (sortes de crevettes de rivière) Il ne reste plus qu’à se régaler de ces merveilles culinaires, si l’on a eu la chance d’y être convié à l’occasion d’une grande fête privée. On peut également faire cette expérience au « Tiki Village de Moorea » qui organise plusieurs fois par semaine un « tama’ara’a » traditionnel accompagné d’un spectacle de danses et de folklore tahitiens.
Communiqué de presse - janvier 08
Pour plus d’information : www.tahiti-tourisme.ch
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