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Claude-Yves Reymond
Dans «C’est comme ça, ne discute pas!», Jacques Salomé dresse la liste des petites phrases sibyllines et assassines adressées aux enfants par leurs parents.
A lire pour défiger la communication.
«Mais enfin tu vas te taire, tu sais bien que tu ne dois pas répondre à ta mère comme ça!», «Tiens, tu l’as voulue celle-là, depuis le temps que tu me cherches! Au moins tu sauras pourquoi tu pleures!»
«Pour écrire ce livre, il m’a suffi d’écouter les gens autour de moi, dit Jacques Salomé de passage à Lausanne. J’ai répertorié ensuite ces phrases despotiques souvent enrobées des meilleures intentions en cinq catégories: l’injonction avec une abondance de «tu», ce qui donne un langage «tut tut...» ou «klaxon». Viennent ensuite la dévalorisation, la menace du style «Si tu ne vas pas au lit tout de suite,...», le maintien de la relation dominant/dominé et la culpabilisation. C’est la plus grave.»
«Le silence des mots,
la violence des maux»
A l’école, l’échec d’un enfant est souvent pour lui une façon de s’exprimer, de dire l’indicible. C’est aux parents de savoir l’entendre... pour être écouté.
Devant les drames récents de la violence scolaire et de la pédophilie, Jacques Salomé s’indigne: «L’éducation actuelle hésite entre l’illusion technique et la tentation disciplinaire. Elle devrait davantage favoriser la communication, l’épanouissement et la créativité.»
Dans «C’est comme ça, ne discute pas!», Jacques Salomé invite le lecteur à changer son langage désormais orienté vers le positif. L’auteur apporte ici des solutions sous formes d’images et de bulles métaphoriques favorisant une communication relationnelle heureuse. Sur le papier, c’est terriblement séduisant. Le combat au quotidien pratique de Jacques Salomé demeure cependant un brin utopique: l’humanité fonctionne toujours et encore à la carotte devant le nez ou au coup de pied au cul pour avancer.
Claude-Yves Reymond - (Lausanne-Cités)
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