image  

 

voyages wellness fitness santé

e-magazine TESTS

385 idées de vacances proposées par trois professionnels du tourisme et du bien-être

 
 

 

 


 
publicité travelbest21

 

Contact 

 


 
 

A savourer en très petite quantité


Esprit maléfique et

bonheur du palais


Étrange et dangereuse plante que l’absinthe. Dans sa forme distillée, la «Fée verte» dénommée «bleue» était toujours interdite en Suisse depuis 1910 en dépit d’une certaine tolérance parfois de la loi. Translucide, elle «précipite», au contact de l’eau, l’amateur vers des ravages inexorables du cerveau. En tisane autorisée, certaines restrictions de consommation sont mêmes impératives à suivre. Les conseils du pharmacien et de Bernard Rohrbasser, ex-préfet de la Veveyse et ex-conseiller national.

Dans les Alpes granitiques du Valais et dans le Jura, l’absinthe pousse en abondance. De là à distiller cette plante vivace, il n’y eut qu’un pas vite franchi depuis toujours. Malheureusement, la thuyone, l’une des huiles essentielles de l’absinthe, conjuguée à l’alcool s’avère un poison violent attaquant le système nerveux. Cette liqueur bon marché dans un alcoolisme endémique au début du siècle favorisant les rêves du bon peuple fit des ravages. Une maladie connue sous le nom d’absinthisme apparut ainsi, elle menait à des attaques d’épilepsie, à la folie ou à une paralysie progressive. L’Etat s’en préoccupa: l’interdiction de la distillation, du commerce de l’absinthe... et non de sa consommation date du 7 octobre 1910.

Oui ou non ?
En 1993, Bernard Rohrbasser proposa aux Chambres fédérales d’abroger cet article de loi. «Il ne s’agit pas de favoriser la consommation de la «bleue, confie-t-il. Il faut simplement débarrasser la Constitution de ses éléments parasites. Les temps ont changé. La Confédération a longtemps fermé les yeux. La véritable chasse aux distillateurs clandestins date de la dernière guerre en raison des importations d’alcool étranger. Cela m’étonnerait qu’aujourd’hui les gens se saoulent à l’absinthe».
La motion du conseiller national fut transformée en postulat... et l’interdiction demeura. Il y a quelques années, le restaurateur neuchâtelois recevant François Mitterrand avec un dessert arrosé de «Fée verte» en fit la cruelle expérience, le procureur du canton concerné ne put fermer les yeux et se vit obligé de déposer plainte en raison de la couverture médiatique importante. Alors que, dans un secret de polichinelle, tout le monde ou presque sait comment se procurer une bouteille de «bleue». Aujourd’hui, la consommation de l’absinthe est à nouveau autorisée en Suisse et l’élixir se trouve sur les rayons de certains supermarchés.

Les limites de l’infusion
Finement hachée, la feuille d’absinthe se veut aussi tisane autorisée à raison d’un gramme par tasse d’eau que l’on boit sans sucre, chaude mais non bouillie après le repas. En tant qu’amer tonique, ses vertus à très petites doses ouvrent l’appétit tout en facilitant la digestion. Il paraît aussi que l’absinthe augmente la résistance de l’organisme contre les effets post-grippaux. «La cure ne doit pas néanmoins dépasser trois à quatre semaines sinon, en raison de la thuyone dont les effets psychostimulants provoquent des crampes et un effet paralysant», recommande le pharmacien.
Les stades suivants de l’intoxication sont la défécation involontaire, l’évanouissement, le coma et la mort. On frémit d’angoisse.

L’absinthe demeure ainsi un plaisir rare et cher. Pour trois fois rien, l’anisette a quasiment le même goût , sauf celui de la modération alors que la menthe tout comme le safran de Java s’avèrent des remèdes biliaires plus puissants du côté des simples. A vous de savourer les uns... ou l’autre à vos risques et périls.


Cyr pour Espace Tonique